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RECRUTEMENT

INTERVIEW

N. Desaldeleer, consultant senior : les docteurs sont les Monsieur Jourdain du conseil

Naël Desaldeleer, docteur en philosophie, nous a rejoint en décembre 2017. Un docteur en philosophie devenu consultant en protection sociale : improbable ? Seulement pour ceux qui ne connaîtraient pas notre métier ou n'ont pas vécu l'expérience de la thèse. Naël raconte son parcours, son expérience du conseil en stratégie, management et montre qu’un.e docteur.e a toute sa place chez nous même sans le savoir.

Peux-tu nous dire un mot de ton parcours avant de nous rejoindre ?

"Après un bac littéraire, j’ai fait une prépa (ENS Ulm) au lycée La Bruyère (Versailles). J’ai ensuite approfondi ma spécialisation avec un master Recherche en philosophie à l’université Paris IV - Sorbonne, puis en préparant l’agrégation à l’université Paris I – Panthéon Sorbonne. Deux fois admissible mais pas admis, je me suis lancé dans une thèse de philosophie politique, au cours de laquelle j’ai eu le plaisir d’enseigner ma matière dans les universités de Poitiers et de Paris Est-Créteil. Au cours de ma thèse, j’ai également fait mes premières armes dans le conseil, au sein du cabinet SIRIS Academic, spécialisé dans l’accompagnement des structures d’enseignement supérieur et de recherche (notamment dans le cadre des fusions d’universités liées au Programme d’investissement d’avenir et dans la mise en place de programmes de recherches)."

Imaginais-tu devenir un jour consultant pendant tes études ?

"Jusqu’à ma première expérience en tant que consultant, je m’étais toujours projeté dans l’enseignement public, que ce soit dans le secondaire ou en tant qu’enseignant-chercheur."

Qu’est-ce qui t’a finalement poussé à franchir le pas ?

"C’est un concours de circonstance qui m’a permis de découvrir ce métier, au travers de SIRIS Academic. Ce cabinet avait alors la particularité d’être constitué uniquement de docteurs ou de doctorants. L’un des fondateurs, que je connaissais par ailleurs, m’a proposé de les rejoindre en temps partiel, en parallèle de ma thèse. J’ai accepté, en partie pour des raisons économiques, mais également par intérêt pour les missions proposées. Le fait de passer de l’autre côté du miroir, de pouvoir non seulement réfléchir mais également agir sur la façon dont fonctionnent l’université et les grandes écoles a trouvé un écho dans mon intérêt profond pour l’enseignement. Enfin, la stimulation intellectuelle que j’ai trouvée auprès de mes collaborateurs, de grande valeur, a achevé de me convaincre."

Pourquoi nous rejoindre nous plutôt qu’un autre cabinet ?

"J’ai découvert YCE Partners en participant au PhD Talent Fair, un salon de recrutement destiné aux doctorants et docteurs. La première raison pour laquelle j’ai rejoint le cabinet est indubitablement sectorielle : le positionnement d’YCE Partners sur le champ de la protection sociale a immédiatement parlé à ce qui, en moi, est profondément attaché au service public et à la notion de bien commun. Ayant consacré ma thèse au mouvement contemporain de réactivation de l’idéal républicain (le « néorépublicanisme »), je suis également sensible à l’importance de notre système de sécurité sociale, qui a révolutionné notre société. La seconde raison tient aux personnes qui composent YCE Partners et à la façon dont on y travaille. Pour le dire simplement, nos collaborateurs sont des gens intéressants, qui ont toujours quelque chose à apporter pour nourrir la réflexion, et la structure de management permet une liberté d’échange qui nous enrichit mutuellement."

Qu’est-ce qui t’a décidé à rester ?

"Il vaudrait mieux parler au présent ! Le fait de rester est un choix continu, régulièrement renouvelé dans un secteur professionnel où le turn-over est pourtant globalement assez rapide. Je reste pour les deux mêmes raisons qui m’ont convaincu de rejoindre le cabinet en 2018. Tout d’abord, travailler chez YCE Partners me permet de peu-à-peu percer les arcanes d’un secteur vital pour notre société. Aujourd’hui, à ma petite échelle, j’agis réellement sur le fonctionnement de la protection sociale, en tentant de m’assurer que les droits des individus (retraite, santé, accidents professionnels, famille, chômage) sont correctement calculés et versés. Nous travaillons sur de belles missions, qui font sens pour moi. Deuxièmement, mes collègues chez YCE sont des gens stimulants que j’ai plaisir à côtoyer et avec qui j’apprécie de grandir dans mon métier."

As-tu le sentiment que tes études de philosophie et ton expérience en thèse te sont utiles en mission ?

"J’utilise quotidiennement ce que j’ai appris lors de mes études en philosophie, et les compétences développées en tant que jeune enseignant-chercheur. Certes, il faut laisser de côté le savoir purement académique et, malheureusement, je parle désormais rarement d’Aristote ou de Rousseau. Mais je crois sincèrement que la méthode philosophique peut se révéler particulièrement efficace en tant que consultant : il s’agit avant tout de savoir comment interroger un sujet, ce qui suppose de commencer par identifier clairement la question qui est à poser. De la même façon, dans le conseil, il faut savoir identifier où réside réellement l’obstacle (et qui ne correspond pas toujours à la perception « interne » que votre client peut en avoir). Une fois la question identifiée, vous devez élaborer une forme de critique constructive. Cela suppose un raisonnement compréhensible, argumenté mais en restant synthétique, capable de convaincre votre auditeur, que ce soit à l’écrit ou à l’oral. Encore une fois, cela se retrouve au cœur du métier de consultant.

En ce qui concerne l’expérience de thèse, vous y apprenez à travailler dur et en très grande autonomie. Vous pouvez être amené à gérer des budgets, sans oublier que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre le contrôle de votre calendrier. Bref, vous apprenez le pilotage de projet sans le savoir."

Peux-tu donner un exemple précis de mission où ces compétences acquises ont été particulièrement mobilisées ?

"Je pourrais parler de n’importe laquelle des notes qu’il m’a été donné de rédiger, où j’ai essayé d’intégrer à un sujet terre-à-terre la force de la méthode argumentative de la philosophie, en définissant le plus clairement possible ce qui faisait obstacle, les différentes options disponibles, et les raisons précises qui fondent la préconisation finale. Ou des nombreuses réunions de travail où j’ai eu à prendre la parole devant un public parfois nombreux : dans ces occasions, ma petite expérience devant des étudiants ou lors des colloque scientifiques, et la rigueur d’une argumentation bien construite m’ont permis de faire face aux imprévus et d’apporter une contribution productive."

Un mot pour ces doctorants et docteurs que la recherche ou l’enseignement n’attirent finalement plus autant mais qui ne se projettent toutefois pas ou mal en cabinet de conseil ?

"Le conseil est un métier intellectuellement stimulant, ou vous pouvez apprendre très vite et, dans le cas de YCE Partners, participer à l’amélioration de notre système de protection sociale. Et vous y êtes déjà plus préparés que vous ne le pensez ! Votre expérience de thèse vous a déjà doté des outils principaux : puissance de travail, curiosité, esprit critique, argumentation et rigueur, gestion de planning, rédaction et prise de parole. Il ne vous reste qu’à traduire vos compétences en termes compréhensibles par un employeur du secteur privé… Et bien sûr, si vous êtes intéressés par YCE Partners et le secteur de la protection sociale, n’hésitez pas à me contacter !"

Lucas Schneider, 11.06.2021

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