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EMPLOI & FORMATION PROFESSIONNELLE

ÉVÈNEMENT

La formation professionnelle en transition(s) : l'essentiel de la table-ronde

Le 18 janvier dernier YCE partners organisait une table-ronde afin de penser les enjeux écologiques de la formation professionnelle au regard des profondes mutations déjà impulsées par le numérique. Retrouvez l’essentiel du dialogue.

Une mise en perspective scientifique

Pour introduire cette table ronde, Nathalie Moncel a retracé les mutations en cours et à venir liées à la transition écologique dans l’emploi et la formation. La cheffe du département Travail Emploi Professionnalisation du CEREQ a attiré notre attention sur le fait que la transition ne requiert pas tant la création de nouveaux métiers, que l’adaptation systémique de ceux qui existent, soit une reconversion des territoires et des salariés, de nouvelles dynamiques de travail, une sensibilisation de tous et une expertise écologique poussée dans certains secteurs clefs… Si les impulsions législatives (loi transition énergétique et croissance verte de 2015, loi AGEC de 2020, loi climat et résilience de 2021, etc.) font indéniablement avancer le secteur, il reste que les initiatives privées des entreprises mais aussi des salariés et citoyens ont dès lors toute leur importance, dans une logique de « sociétalisation de l’entreprise ». A la différence de la transition numérique qui implique, quant à elle, une logique d’innovation et de reconversion.

L’État dans un rôle de mise en cohérence et d’incitation des différents acteurs pour faire évoluer les contenus de formation

Partant du constat d’une trop faible intégration des enjeux écologiques dans l’offre de formation actuelle, les intervenants ont présenté leur vision du rôle de chacun et de l’articulation de tous pour améliorer cette situation.

Le sujet est bien identifié et les résultats commencent à être visibles. Pascal Blain, Directeur régional de Pôle emploi PACA, explique par exemple, que le tiers de la formation achetée par Pôle emploi en PACA inclut déjà les enjeux écologiques. Stéphane Rémy, sous-directeur des politiques de formation et du contrôle à la DGEFP, met en avant le rôle confié aux OPCO dans la nouvelle loi climat et résilience (2021). Ceux-ci doivent désormais accompagner et informer les branches professionnelles et les entreprises, dans l’anticipation de leurs besoins en compétence au regard de la transition écologique.

Cependant, tous s’accordent à dire que l’adaptation des contenus de formation doit être la résultante du besoin des entreprises, et ne peut pas être réalisée exclusivement sous l’effet de la contrainte règlementaire ou politique. La seule voie crédible, selon les intervenants, consiste donc à sensibiliser, accompagner et faciliter les initiatives, et ce à tous les niveaux de la chaine de valeur, du salarié à l’organisme de formation, en passant par l’entreprise, la branche, etc. Le rôle de l’État est donc d’impulser, de manière originale, selon Stéphane Rémy.

Les organismes de formation contribuent également à cette évolution en diffusant les recherches, en « formant les formateurs », en sensibilisant les stagiaires, le tout avec des initiatives telles que la fresque du climat, aussi efficaces que ludiques, selon Antoine Amiel.

Il est finalement essentiel dans ce contexte de repérer les publics plus fragiles face à ces transitions, notamment les femmes, bien moins présentes dans les emplois verts et verdissants, ou encore les personnes faiblement qualifiées. Tout en soulignant cet enjeu, Pascal Blain a salué les efforts faits par l’Europe et la France, en mentionnant par exemple le Plan d’investissement pour les compétences, qui a permis d’innover sur les méthodes pédagogiques afin d’attirer un grand nombre de personnes n’ayant pas le baccalauréat vers la formation.

Une nécessaire évolution des acteurs du secteur

Nos trois intervenants s’accordaient également sur l’importance d’une transformation des acteurs, afin de s’emparer au mieux de la question écologique.

Les organismes de formation tendent vers cet objectif, notamment par la rénovation thermique des salles de formation, mais aussi par leur maillage territorial afin de limiter les déplacements autant que possible, la question de la mobilité étant cruciale. Les Acteurs de la Compétence veillent à cet égard à appuyer les initiatives de leurs membres ainsi qu’à les mobiliser autour de ces enjeux.

L’EDEC de la branche sera dans ce cadre d’une importance primordiale pour faire avancer le sujet.

Ce temps d’échange a finalement été l’occasion pour tousles participants de se rendre compte que de premières avancées existent dans lechamp de la formation professionnelle, mais aussi de se mobiliser pour tout cequ’il reste à faire pour relever le défi écologique !

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Joséphine Labroue

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